Train Stories in Sri Lanka

Il parait que les trains au Sri Lanka sont les plus beaux du monde, en ce qui a trait aux trajets, bien entendu, parce que les wagons, eux, ne font pas tourner les têtes. Des vieilles carcasses bruyantes qui n’ont jamais été repeintes depuis l’époque des colonies anglaises. Si on pratiquait une culture bactériologique sur leurs murs, on y trouverait sûrement des maladies disparues depuis longtemps.

Trajets de train au Sri Lanka

Où il y a des humains…

Ma mère et moi, entassées avec nos gros sacs à dos entre les jambes, debout dans l’allée, un filament d’air qui passe en provenance des portes ouvertes, on tente d’avoir un semblant de confort.

On y arrive presque, entre deux passages du vendeur de samosas et d’arachides.

Pas d’air climatisé dans les wagons de locaux, que des ventilateurs accrochés au plafond, tournant en mouvements non synchronisés.

À chaque imperfection dans les rails, les jonctions entre chaque wagon produisent un son de métal qui se déchire. Si le regret avait un moyen d’expression, ce serait ce son.

Je me demande qui peut bien avoir envie de manger des noix dans un train crasseux sous un soleil de plomb, mais les propriétaires de stades l’ont bien compris : il y aura toujours quelqu’un, quelque part, prêt à acheter un sachet de peanuts.

Un policier en habit beige parcourt le train et nous oblige à nous lever. Interdiction de s’asseoir sur son sac; ça empêche la circulation.

Pourtant, personne ne circule, sauf lui et le vendeur de peanuts.

Station de train Hatton

On garde le sourire

Pour passer le temps, je joue au ping pong du sourire avec les autres passagers.

Si vous souriez à un Sri Lankais, il vous rendra votre sourire, sans détourner le regard. Ils font de ces sourires sans gêne ni interrogation. Des sourire à l’opposé de ceux qui vous demande pourquoi vous leur souriez.

On pense que c’est l’amour qui unis les peuples, mais en fait, je vous le dis, ce sont les maudits vendeurs de peanuts.

Assis sur nos sacs à dos, on attend que le temps passe. On mettra cinq heures pour franchir 100km, si on compte l’heure de retard au départ de la station de Negombo.

Ici, on sourit comme on ramassa un cinq sous par terre à Montréal : pour la luck.

Station Hatton au Sri Lanka

Ce regard

À la prochaine station, en plein milieu de la foule de gens qui entrent et sortent du train, le problème est réglé. Pas de cérémonie, pas de niaisage.

Prendre le train au Sri Lanka

Attendre

Il y a un endroit à Ella où vous pouvez voir le train passer sur un des plus vieux ponts du Sri Lanka, à condition d’y être à la bonne heure.

À mi-chemin, une petite fille a une envie de pipi. Je ne comprends rien au cingalais, bien entendu, mais je reconnais ce regard de détresse profonde qu’elle lance à ses parents et le moment de panique qui traverse le visage de son père.

Et puis je pense surtout à tous ces Hindous qui sont nus pieds dans le train.

On est allé y prendre un jus en attendant le train pour capturer la fameuse photo. Accompagnées de cinq autres touristes, l’appareil photo prêt, on était sur le qui-vive pour ne pas rater le cliché.

À toutes les vingts minutes, le propriétaire de la petite terrasse nous disait: « Le train arrive dans 20 minutes. » Après une heure, la moitié des touristes ont abandonné et sont partis. J’ai bien failli faire la même chose, mais ma mère s’est exclamée : « On a-tu vraiment d’autres choses à faire? »

-Non c’est vrai, t’as raison.

Il faut en avoir du temps pour attendre une heure et demi un train dans lequel on a pas l’intention de monter et dans lequel ne se trouve personne qu’on connait.

Au cas où ce serait la meilleure photo de mon voyage!

***

Pas vraiment, finalement.

Attendre le train au Sri Lanka

Je n’ai pas vu grand chose des fameux trajets de Kandy à Ella,  il y avait pas mal de monde. Mais je peux vous dire une chose: c’est vrai que c’était beau en maudit.


Vous avez aimé cet article? Épinglez-le!

Histoires de train au Sri Lanka, dont la réputation des trajets n'est plus à faire.